Fragments de Brume

Un grand psycho-bordel avec des trucs nazes dedans.

19 mars 2009

Onirique

Je crois que tout le monde a plus ou moins un rêve récurrent, j'en ai eu quelques uns durant ma vie dont un assez spécial qui relève plutôt du cauchemar. Je pensais m'en être débarrassé, un rêve que je fais depuis peut être une dizaine d'année, et que j'ai refait très récemment. Le plus étrange est le lieu du rêve : mon ancien appartement, dont j'ai pas remis les pieds depuis près 7 ans. J'ai pas de psy dans la poche pour lui demander son avis mais je suis curieux d'en connaître la signification, je suis certain qu'il y en a une. Tout ça pour dire que ça m'a inspiré mon dernier poème, un de mes plus grands (par la taille et par la médiocrité), sur fond de musique de Silent Hill...

Onirique – le fantôme derrière ma porte

I

Il est tard pour tout le monde,
Les paupières rapidement en tombent,
C’est l’entrée d’un nouveau royaume
Où milles choses sont possibles à la fois
Où l’imaginaire est roi
Tout comme les frayeurs cachées et mal enfermées,
Comme le prophète ensanglanté, torturé,
Au fond du lit il y a une porte qui t’arrachera par les paumes.

Bienvenu dans le monde onirique
Dans lequel chacun se parle à lui-même,
Où se réveillent les récurrences mécaniques
Ses rouages vous appellent en sa vision extrême.

II

Le corps ne perd pas totalement ses sens
Mais voyant son âme plonger dans un précipice
Une fatalité de l’absence de défense
Sensations altérées…toucher impacté…odorat absorbé
L’ouïe décuplée, stridente aux moindres chocs,
Et comme un goût de déjà vu.

De l’extérieur tout est noir,
Il semble m’avaler, il m’attire du fond du couloir,
Un long chemin qui ne finit jamais
Chaque nuit pas à pas il faut y marcher.

Et puis chacun y succombe
En un instant la conscience qui tombe
L’inconnu qui crie victoire,
De milles fleurs aux milles cadavres
Je sais ce qu’il me réserve ce soir
Je hais tout ce qu’il me fait voir
Je hais tout ce qu’il me fait croire
Je hais ce lieu sans échappatoire.

III

L’atmosphère est si pesante
L’air habité par des âmes errantes,
Tout cela sans que je puisse l’expliquer
Tout cela sans que je puisse l’empêcher.

Autrefois j’habitais cette résidence
J’y garde quelques souvenirs d’enfance,
Ni trop bons, ni trop mauvais,
Ni trop longs, ni trop effacés…

Ce chemin peu éclairé pour rentrer
Les murs vieillots et parfois humides
Il n’y a qu’un long couloir à traverser
Et un escalier au tapis d’un teint livide
La poussière accentue sa vieillesse
Le bois craque et se déchire
En se penchant avec le plus grande délicatesse
Vous entendrez des rires.

Elle se place dans les poumons
La gorge s’assèche et le mutisme se gagne
En se penchant sur l’escalier escargot
Vous n’entendez plus un mot
Nul ne vous accompagne
Dans votre dos la présence se fond
Il n’y a jamais eu personne
Juste les fantômes qui vous espionnent.

Je me dépêche d’ouvrir la porte
C’est le moment tant attendu
Je le sais sans pouvoir l’expliquer
Il attend patiemment pour pouvoir entrer.
Soulagé d’avoir cru pouvoir m’en débarrasser
Mon geste habituel a créé une intrusion
Le passager murmure dans ma tête
Je me suis moi-même emprisonné de la sorte
Là où je pensais être à l’abri des intrus
Tout mon édifice qui est corrompu.

Je sens sa présence invisible
Je me bats contre une force intangible
Mais je suis seul dans mon habitation
Faible, jeune, et sans protection.

L’angoisse arrive à me succomber,
La raison n’a d’autre choix que de céder.
J’ouvre excessivement l’entrée
Afin de m’engouffrer dans les escaliers
Le plus vite possible, il ne faut se faire attraper !
Je fuis jusque dans la rue
Là où la torture n’agit plus.
Je rebrousse chemin pour retrouver le foyer.

Le même couloir à sillonner
Motivé par l’espoir d’être débarrassé
Mais les sons étranges s’accentuent
Cette scène je l’ai déjà tant vécu

Elle se réitère sans cesse
Mécaniquement je répète la même maladresse
Au fond de moi je le sais
Que cela ne cessera jamais
Car on ne peut fuir ce qui vous poursuit
Je ne peux le toucher ni m’en débarrasser,
Il subsiste là où je suis.

Il y a un fantôme derrière ma porte
Il ne me quitte que quand l’illusion onirique redevient morte
Une vision qui m’empêche de crier
Sans que je puisse l’expliquer
Il revient sans cesse me hanter
Sans que je puisse vous l’expliquer.




Posté par _HK_ à 16:58 - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires

    La médiocrité mais tu arrêtes de te foutre de moi

    Posté par Bitchounette, 20 mars 2009 à 19:11
  • Danke

    Continue a nous délivrer ce genre de texte ! Car je suis franchement preneur.

    Posté par Andy, 22 mars 2009 à 20:02
  • Merci, j'y veillerais

    Posté par HK, 22 mars 2009 à 23:36
  • J'en mangerai sans écœurement! Miam!

    Posté par Bitchounette, 23 mars 2009 à 19:24
  • Ho ben j'en ai écrit des textes sur les chemins tortueux de mon cerveau

    Posté par HK, 23 mars 2009 à 20:27
  • Un cortex qui recèle des merveilleux

    Posté par Andy, 24 mars 2009 à 16:22
  • Je crois que je vais sérieusement m'y mettre aussi... franchement ça serait terrible de voir à quel point mon cerveau pète un câble

    "Les délires inavouables mais couchés sur du papier de Miss Bitchounette " Acte I mdrrrrrr

    Posté par Bitchounette, 25 mars 2009 à 16:16

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