24 août 2009
En vain – Des veines
J’ai les doigts qui tremblent
L’écriture hésitante sous la
plume
La feuille vierge doit se remplir
de faits
La tâche serait moins douloureuse
Si l’encre ne provenait pas
directement de mes veines.
Le
parquet grince comme jamais
Les murmures
ne semblent pas s’arrêter
Une
vision d’horreur qui se dessine
Mon
esprit est en cage et la rationalité est en plein spleen.
Ce
couloir semble si long qu’on n’en voit pas la fin
Les murs
vivent comme de la chair
Il n’y a
nulle part où poser ses mains
Chaque
parcelle semble vouloir me faire taire.
Entre
dégout et attirance
Atmosphère
chaotique et architecture délabrée
Pourriture
d’égouts et magnificence
Des
vieilles peines à déterrer
La
réalité rejoint chaque croyance
Quelques
affaires à régler.
Exploration
des recoins enfouis et angoissants
Un trou
dans la tête et les réalités qui vacillent
Flou et
démesure, le doute subsiste
Sur sa
robe de soirée des tâches de sang
Des
images qui vous violent les pupilles
Le
courage se meurt et laisse l’errant absentéiste.
Viendras-tu
me chercher dans ces profondeurs ?
Une
invitation pour une âme sans peur
Chacun
contient un visage à écorcher, déchirer, torturer.
28 juillet 2009
Ego
C’est un homme perdu
Qui voulait d’une vie simple
Le rêve américain version bleu blanc
rouge
Sans le cerveau qui sans cesse ne
bouge
Chaque jour on se dit de rester
humble
Pour faire pleurer tout le monde
parfois il pense qu’il se tue.
C’est un homme perdu
Lâché dans un monde de violence
Sans jamais s’attacher aux croyances
Tout concorde en chaque sens
Dehors habite un monde immense
Sans personne pour l’y accompagner
C’est dans les couloirs voisins qu’il
veut se promener.
C’est un orphelin abandonné
Le sacrifice d’une guerre sous
l’étoile du zélé
Les belligérants sont abjects et
bruyants
Il ne reste que l’affection du chat
Tant qu’il reste de quoi croquer il
restera
Fatalement ces mots d’âme ne sont que
du vent
D’un enfant qui trouve le temps trop
lent.
J’aimerais juste dire
au revoir
Vous voir tous crever
et dire enfin au revoir
Tout ça c’est de la
folie, de la folie…
24 juillet 2009
la réflexion du jour
Quand les maîtres quittent le navire,
l'orphelin reste dans sa cave au milieu des chats
jusqu'à ce qu'il reste de quoi croquer
19 mai 2009
L’amour électrique
I
L’impossibilité de se concentrer
L’obsession de vouloir la fixer
La dévorer du regard
Tout en évitant de croiser le sien
Elancée sur ses talons
Respirer ce moment ailleurs que le long
De ce récurrent quai de gare.
Une scène au refrain déjà connu
Moitié ivre de doux sentiments
S’approcher d’elle fut déraisonnable
Mon corps s’est invité dans la bouche mécanique,
Elle faisait semblant de ne pas m’avoir vu
Me laissant naviguer au milieu des milles vents
Pour enfin en sortir quelques mots prononçables
Elle portait sur elle une beauté inexprimable
Je restai attaché à sa présence immanquable
Ce fut l’amour électrique.
Ces heures passées à déambuler
Aux lueurs de la jeunesse et de la naïveté
Milles choses que tu m’as fait promettre
Et les longues discussions devant la fenêtre.
Ce printemps fut ensoleillé,
Comme le sol où tu aimais t’écraser.
II
Une symbiose quasi-parfaite
Je revis et plus rien ne m’arrête
Des envies et des projets pleins en tête,
Son charme transparaît sur ses cheveux parfois ondulés,
Sa présence devenue de première nécessité
Son sourire faussement caché et gêné
En devient ma substance que nul ne peut refuser.
Le cœur bien alimenté et la raison accrochée
J’ai essayé de lui montrer mes plus belles qualités
Il faut avouer qu’il persiste une peur
Celle d’exister à une différente hauteur.
Mais sur le lit maltraité
Elle me dit qu’elle m’aime jusqu’à en crever
Alors tout va bien aller,
Tout va bien se passer,
Tout va persister,
Son regard passionné,
Son corps à admirer,
Nos amours s’embraser
Pour petit à petit s’enflammer.
III
Parfois elle a essayé de me l’avouer
L’impression que l’intensité a diminuée
Que je cache des quartiers non éclairés
Il n’y a jamais rien d’assez démesuré
Pour qu’une soirée je puisse la réconforter
Parfois ce regard comme si j’étais étranger
Dans ses yeux il y a cette part de vérité
Convenir que des êtres altérés
Ne pourront y parvenir
Néanmoins nous avons excessivement accumulé
Ces souvenirs qu’elle veut maudire
Et ces maux que je n’ose ni dire ni écrire.
Elle me dit qu’elle m’aime jusqu’à en crever
Tout va bien se passer,
Tout va s’électrifier,
Tout va dérailler,
Tout va s’étouffer,
Tout va éclater
Tout va succomber,
Nos noms vont s’effacer,
Et je prierais pour qu’elle puisse m’écouter.
L’obsession de vouloir la fixer
Insensiblement oublier de la convoiter
Ne plus jamais la désirer pour finalement la repousser,
Je chercherais bien à remémorer toute évocation
Cette longue affection au milieu d’une invocation
À prononcer au passé car déjà oublié.
Je persiste à sauvegarder cet espoir
De faire revivre cette conscience à la gloire
De pouvoir recroiser ces regards
Comme jadis être aussi bavard
Et habiter un printemps moins noir
Je suis définitivement électrocuté
Nous en avons abusé, nous l’avons consommé,
Jusqu’à en être presque dégoûté.
C’est l’amour électrique,
Qui s’éteint au milieu des paroles cyniques et colériques.
07 mai 2009
Citation du jour 7
"Si ce que tu as à dire n'est pas plus beau que le silence alors tais toi."
proverbe arabe
27 mars 2009
Une histoire de vin
de Rickways
De cette vigne douce sur cette terre aride
Me présentant ses grappes à mon palet avide
Je cueille quelques fruits pour séduire mes envies
Et laisse couler ce jus sur ma douceur de vie.
De ces billes rougeâtres naîtra prochainement
Une boisson des dieux, un vin qui lentement
Prendra par les années un tanin délicat
Qui nous délectera tout au long d'un repas.
Ce délice des dieux qui parcoure les temps
Dans cette France riche des plaisirs de la table
Nous lui rendons honneur des traditions d'antan
Car en moi ces souvenirs resteront agréables...
08 décembre 2008
Auprès de moi toujours de Kazuo Ishiguro
A travers un (trop ?) long
roman, Kathy nous raconte ses souvenirs d’enfance et livre ses sentiments avec
le recul nécessaire. Kathy, Ruth et Tommy ont été élevés à Hailsham, une école
en pleine campagne qui fait également foyer pour ces jeunes au destin atypique…Peu
à peu l’auteur insère de subtils indices, on se rend compte que ces enfants ont
quelque chose de différent, sont réunis dans cette campagne pour une raison
particulière mais il faudra un bon moment pour que ce soit explicite dans le
livre, le livre est effectivement long à vraiment démarrer et je ne l’ai trouvé
intéressant qu’après au moins 80 pages, mais j’ai continué jusqu’au bout car je
connaissais déjà le point centrale du scénario, ce que je ne révélerais pas
ici. On peut lui reprocher ses longueurs et de rester dans l’implicite, c’est
certain que le roman ne plaira pas à tout le monde, mais le livre a néanmoins
le mérite de faire réfléchir et comporte une fin plutôt émouvante. On aurait
aussi aimé plus de moments mémorables (comme le moment où Kath écoute sa
casette dans sa chambre, pour ceux qui ont lu le livre). J’ai repris ci-dessous
une partie de la note au dos du livre qui est plutôt bien adaptée, sans aller
jusqu’à dire que c’est un chef d’œuvre. Une curiosité à découvrir pour ceux qui
ne s’ennuient avant de dormir.
Ps : l’auteur est anglais et non Japonais, donc ne faites pas comme moi, ne perdez pas votre temps dans le rayon livres asiatiques si vous cherchez le livre ^^
Ps2 : J’ai adoré la
couverture de l’édition folio :p
« Kazuo Ishiguro traite de sujets qui nous touchent de près
aujourd’hui : la perte de l’innocence,
l’importance de la mémoire, ce qu’une personne est prête à donner, la valeur
qu’elle accorde à
autrui, la marque qu’elle pourra laisser.
Ce roman vertigineux, porté par la grâce, raconte une histoire d’humanité, de
conscience et
d’amour dans l’Angleterre contemporaine. Ce chef-d’oeuvre d’anticipation est
appelé à devenir
le classique de nos vies fragiles. »
04 décembre 2008
Un peu de moi et Beaucoup de toi
Un peu de moi dans tous ces moments de routine,
Beaucoup de toi quand mon cœur crie famine,
Il y a un silence au milieu du salon,
Qui me fait replonger dans ces souvenirs profonds.
Je peux tranquillement boire et fumer,
Apprécier ces moments que tu me reprocher,
Pourtant je n’y prends guère plaisir,
Rien à fêter
Et tout à laisser pourrir.
Je sens la faiblesse humaine,
De ressasser des moments idéalisés,
J’ai même arrêté de compter les années,
Echecs et espoirs vidés,
J’aime dire que ma vie en est pleine.
Pourtant rappelles toi de cette époque
Où deux êtres faisaient semblant de sourire,
Peu de choses qui me rassasiés
L’illusion d’être à l’abri des chocs,
Puis peu à peu,
Dans l’ombre de la conscience,
Un peu volontairement mais surtout aveuglément
Les choses se sont mises à ternir.
Sur la couverture trop froide
Encore ton parfum étouffant,
Mais que j’aime respirer à pleins poumons,
Ce jour que j’appelle d’effroi
Encore ce claquement violent
Et puis moi
Assis tout au fond
Ne voyant pas sa plus grosse erreur,
De l’avoir laisser en pleurs.
Il y avait ces choses honteuses que l’on se disait,
Ces regards où tu me comprenais,
Ces longues absences que tu appréciais,
Et mes regrets qui me hantaient
Parfois tu t’es presque mise à me détester.
Un peu de moi dans tous ces souvenirs
Beaucoup de toi dans ce que j’aime écrire,
Tellement vide sans la chaleur de ton aura,
Tellement vide depuis que tu n’es plus là.
Découvrez Tricky!
06 novembre 2008
Mémoire d'un Yakuza, Saga Junichi

Un Japonais nommé Ijichi Eiji dans les années 70 est très soufrant, il est même mourant mais son médecin n'ose pas trop lui dire. Ce sympathique monsieur s'est avéré être en réalité un Yakuza et en sympathisant avec son médecin il va se confier (pour ne pas dire raconter sa vie) et ce dernier nous retranscrit avec fidélité ce qu'ils ont pu se dire. Ijichi Eiji raconte de grandes parties de sa vie et principalement son ascension dans la hiérarchie Yakuza, le récit commence vers ses 15 ans puis quelques années plus tard il est pris en charge par le clan Dewaya. Spécialisé dans les tripots de jeu à Tokyo il va monter les échelons de la hiérarchie pour finir chef du clan.
Même si tout n'est pas rose dans ces organisations japonaises nous sommes ici bien loin des clichés qu'on peut en avoir, rien à voir avec ces hommes en costard noir qui dégainent un katana pour n'importe quel pretexte. Une bonne illustration sincère où de grands moments passent : les jeux, l'amour, l'oganisation des Yakuzas, l'apprentissage, la prison, l'armée, ou encore le fameux découpage de doigt...
Un bon livre que j'ai complètement dévoré, on finit par s'attacher à ce vieil homme qui nous parait vraiment très sympathique, mais il faut passer le début qui m'a paru peu passionant (mais nécessaire). Dommage aussi qu'il n'ai rien dit au docteur concernant le tatouage qu'il a dans le dos (un dragon qui s'apprête à dévorer une femme sur une pivoine).
Editions Picquier Poche - 9,50 euros
07 octobre 2008
Le fait du Prince

Comme par tradition, à chaque rentrée littéraire Amélie Nothomb nous livre une de ses dernières œuvres toute fraiche. Je vous avais parlé de l'autobiographique Ni d'Eve ni D'Adam, cette fois-ci nous avons affaire à une fiction sorti de l'esprit de l'auteur : Le fait du prince.
Le héros est un homme complètement banal, mais un jour un certain Oldaf Sildur frappe à sa porte pour passer un coup de fil, manque de chance ce Suédois meurt subitement dans l'appartement de Baptiste, le personnage principal. Complètement désemparé Baptiste n'ose pas appeler les urgences et prend l'étrange décision de voler l'identité du riche machabet ( -_-' ). Baptiste se substitue à Oldaf, va visiter sa villa et faire éventuellement de nouvelles rencontres...
Le scénario parait étrange mais raconté dans le livre cela peut paraitre assez cohérent vu la paranoïa de Baptiste, il faut avouer que j'ai aimé cette étrangeté presque malsaine et ces situations qui pourraient donner lieu à un scénario Lynchien. Le livre accroche assez rapidement le lecteur, on veut à tout prix savoir ce qui va se passer mais arivé à la fin il n'y a qu'une petite déception, ou plutôt un lecteur abandonné libre d'imaginer la suite...















